22 m2 transfigurés dans le centre de La Rochelle



À La Rochelle, la société Merci Léon, pilotée entre autres par Élodie Certenais et Thomas Yver, rachète des biens en très mauvais état pour les valoriser puis les mettre en location. La société Nomad Eleven, fondée également par Élodie et Thomas, s’occupe du projet de rénovation, optimise les plans et crée des univers sur mesure qui les réenchantent. Ce studio de 2t2 m², au troisième et dernier étage d’une rue centrale de La Rochelle, est l’une de leurs premières réalisations, emblématique de leur travail à quatre mains. Partis de très loin avec cette toute petite surface très mal distribuée, ils l’ont transformée en véritable « nid douillet », nous donnant une belle leçon d’optimisation.

Coup d’œil
Qui vit ici ? un locataire
Emplacement : rue Gambetta, La Rochelle
Superficie : 22 m²
Date des travaux : janvier-mars 2019, livraison fin août 2019
Société de rénovation, architecture d’intérieur et décoration : Élodie Certenais et Thomas Yver, de Nomad Eleven
Budget aménagement : travaux seuls : 1300 euros du mètre carré ; travaux + aménagement et déco : 1800 euros du mètre carré

Photos avant : Gilles Delacuvellerie
Photos après : Antoine Piel

nomad eleven

C’était un appartement excentrique, probablement la chambre de service de cet immeuble de La Rochelle, à laquelle on avait annexé dans le temps la terrasse, qui avait été couverte façon loggia/véranda.

Avant. Il en découlait un plan inconfortable en trois parties, entrée/salle de bains, larges pour un si petit appartement, suivies de deux pièces en enfilade, semblables à deux couloirs en parallèle. La première servait de séjour/chambre avec deux canapés convertibles, la seconde (l’ancienne terrasse transformée en loggia) avait été aménagée en cuisine/salle à manger.

Avant. Outre son plan alambiqué, l’appartement était vieillot, sans la moindre isolation ni chauffage, recouvert en prime de moquette aux murs comme on le voit ici à l’entrée et dans la salle de bains. « Je suis sûr que vous n’allez pas me croire mais il y avait même de la moquette dans la douche ! », s’exclame Thomas Yver amusé.

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Après. Malgré tant de points négatifs, Merci Léon n’a pas sélectionné ce 22 m² au hasard : « L’immeuble est l’un des plus hauts du centre et cet appartement, au dernier étage sur rue dominait tous les toits, jusqu’à l’église. Il a une vue incroyable ! », poursuit-il.

Justement, pour profiter de cette vue depuis l’entrée et créer d’emblée une impression tout autre que la vision fermée par un mur vert bouteille, la salle de bains a été rabotée et réagencée car la douche empiétait dans le couloir.

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Question déco, Élodie Certenais, a misé sur un cadre clair, avec du bois pour réchauffer l’ambiance. Elle a notamment tenu à faire fabriquer cette porte coulissante sur mesure, en bois plein recouverte de cannage. Comme elle n’affectionne pas la robinetterie chromée, elle a opté pour des robinets noirs, repris par quelques détails, afin d’apporter du contraste.

Élodie, attentive aux détails de réalisation a encastré la robinetterie. Quant au sol, recouvert de dalles PVC imitation ardoise, elle précise : « Comme le plancher en bois
bois était trop instable pour mettre du carrelage, nous avons préféré un sol souple afin d’absorber le travail. »

Robinetterie et dalles de sol PVC : Leroy Merlin

Avant. Après l’entrée, en longeant la salle de bains, nous arrivons à la partie centrale de l’appartement. À l’origine la surface habitable s’arrêtait là. Les deux portes-fenêtres conduisaient au balcon et se trouvent donc sur le mur porteur de la façade de l’immeuble. Dans cette pièce aménagée en salon/chambre, il a paru important d’« augmenter la hauteur sous plafond et d’en profiter pour faire une isolation des combles car l’immeuble n’est pas mitoyen et largement vitré », explique Thomas.

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Après. Quand les travaux ont débuté, tout a été cassé, histoire de voir quelles étaient les possibilités. La bonne surprise fut de pouvoir récupérer un mètre de hauteur au plafond. « Pas de quoi imaginer un lit en hauteur mais assez pour donner du volume aux pièces et nous permettre d’isoler copieusement », affirme-t-il. Dix centimètres de laine de verre sont donc venus recouvrir les murs et le plafond. En revanche, les sols étaient disparates, pas droits et n’ont pu être récupérés. « Nous avons tout déposé, fait un ragréage léger puis mis du budget dans un beau chêne contrecollé qui uniformise et agrandit l’espace », explique-t-il.

Élodie a, quant à elle, repensé cette zone centrale en cuisine, prenant garde de créer un prolongement naturel de l’aménagement vers la seconde pièce en enfilade afin de pallier l’effet couloir de l’installation précédente.

Pour aménager et décorer, elle s’est donné la mission de contenir la facture dans les 500 euros du mètre carré. La cuisine est composée de caissons standards, réchauffée par un plan en chêne massif. La crédence est tout simplement peinte et recouverte d’un vernis spécial cuisine et salle de bains. Quelques détails soignés apportent des notes chaleureuses comme la vaisselle en céramique émaillée ou les poignées de meuble en cuir.

Parquet chêne : Le Comptoir du Bois à Périgny ; Vaisselle : Casa

Avant. Voici l’autre côté de cette même pièce.

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Après. C’est ici qu’Élodie a pensé le coin nuit façon alcôve. « Nous avons fait des essais de lit mezzanine mais la hauteur sous plafond n’était pas suffisante. Il n’y aurait eu qu’à peine de la place pour s’asseoir sur le lit », partage-t-elle.

Comme le coin nuit est placé en second jour, des rideaux en lin occultants habillent les deux portes-fenêtres. « Les seuls qui n’avaient pas des œillets gris mais des crochets en laiton vieilli et fixations en cuir », glisse Élodie qui tout comme pour la robinetterie n’aime pas les éléments chromés.

Rideaux : AM.PM

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Afin de séparer le coin nuit, un claustra en tasseaux de pin à claire-voie a été fabriqué par un menuisier. Il ne monte pas jusqu’au plafond car le but était de laisser circuler la lumière et de ne pas casser les perspectives.
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Si le côté cuisine a été égayé par du bois et du vert tendre, la chambre a été pensée comme un cocon chaleureux avec son alcôve rose poudré et ses détails dorés (boutons de portes et appliques finition laiton brossé). « Le vert et le rose étaient déjà le duo de couleur de cet appartement mais nous avons modernisé les teintes avec des couleurs dans l’air du temps », partage Élodie. Le lit est encadré par des rangements sur mesure façon lit-pont, un aménagement gain de place par excellence.

Avant. Nous voici sur l’ancien balcon devenu loggia/véranda et aménagé en cuisine/salle à manger. Vous noterez qu’il n’y avait aucun chauffage fixe d’où la présence d’un bain d’huile portatif.

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Après. C’est le séjour qui occupe désormais ce coin de la véranda, égayé par des notes ensoleillées du canapé et des éléments déco en fibres naturelles. « La bonne surprise a été de retrouver les briques de la façade lorsque nous avons gratté le doublage Placo du mur », raconte Thomas. Les briques ont été repeintes car elles s’effritaient et les saignées étant impossibles sur ce mur, Élodie a préféré mettre valeur le système d’éclairage avec des tuyaux en cuivre et des
interrupteurs en porcelaine.

Interrupteur porcelaine : Fontini chez Heure Industrielle

Avant. Les fenêtres déjà changées avec du double vitrage ont été conservées en l’état.

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Après. Comme Élodie trouvait les défonces sur la partie basse des baies vitrées disgracieuses, elle a fait poser des panneaux en contreplaqué de peuplier dans chaque encadrement. « Nous les aurions bien changées pour des modèles coulissants mais la dépense était déraisonnable compte tenu de la petite surface de l’appartement », affirme Thomas.

Plus de photos de salons sur Houzz

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Pas évident de trouver un canapé qui se faufile dans la largeur de 160 cm de la véranda. Élodie a dégoté cette banquette en 150 cm chez Maison du Monde. Les autres éléments déco viennent d’enseignes telles que Zodio ou Casa.

Canapé et tables basses : Maison du monde ; Suspension My boheme

Avant. L’autre côté de la véranda était occupé par la cuisine.

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Après. C’est aujourd’hui le coin repas qui a rejoint cet espace pour jouir de la vue magnifique. Le plan repas a été réalisé en chêne massif en prolongement du plan de travail de la cuisine. Les tabourets de bar en rotin ont été achetés sur internet.

Sous les nouveaux radiateurs électriques a été placé du contreplaqué de peuplier. « Non pour une raison déco mais pour solidifier l’accroche car en locatif les gens ont tendance à s’asseoir dessus si bien que l’on a pris cette habitude », révèle le pro.

Chaises de bar : Kave Home

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Très satisfait du résultat final, Thomas Yver confesse toutefois un chantier pas évident. « La démolition a été rendue ardue par l’évacuation depuis le troisième étage sans ascenseur. Les artisans ont dû employer des demi-plaques et donc faire beaucoup de joints et de bandes. Et les corps de métiers se sont bousculés dans la surface minuscule. Plus une surface est petite et plus elle est onéreuse à rénover », conclut-il.

Pour Élodie, la mission est totalement réussie car sa décoration bonne humeur n’a pas manqué de faire mouche auprès des locataires. Et comme l’avait pressenti le couple, difficile de résister à ce cocon sous les toits avec sa si jolie vue !

ET VOUS ?
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