Réduire sa consommation d’énergie : les travaux à faire

Réduire sa consommation d'énergie : les travaux à faire


Aujourd’hui, il est plus que jamais important d’effectuer des travaux visant à diminuer la consommation d’énergie, réduire drastiquement les émissions de CO2 et lutter contre le réchauffement climatique, sans sacrifier au confort.

Rénovation énergétique : comment vivre dans une maison saine ?

Chacun peut le constater, le coût des énergies flambe. Outre ce lourd impact sur le budget, il faudra renoncer à très court terme aux ressources fossiles. En plus d’être polluantes, avec des conséquences que l’on ne peut plus ignorer sur le réchauffement climatique, elles posent la question de la dépendance énergétique de la France. Dans ce contexte, l’État soutient encore cette année la rénovation énergétique par le biais d’aides. Malheureusement, elles sont encore souvent incomprises, et le parcours pour les obtenir reste compliqué. Depuis janvier dernier un guichet unique a donc été mis en place, le site France Rénov’. Il devrait permettre à quiconque souhaite diminuer son empreinte carbone, isoler ou chauffer à partir d’énergies renouvelables d’avoir accès à des subventions. Le but de cette mesure est de réduire les émissions de CO2, de préserver l’environnement en réduisant ses déchets, et de protéger les ressources naturelles, quelles qu’elles soient – combustible, bois, eau… L’autre enjeu est de vivre dans une maison saine. Une rénovation écoresponsable se fonde aussi sur le choix de matériaux et de produits biosourcés et/ou valorisant des déchets. Différents labels existent pour se repérer : Ecolabel ou NF Environnement, PEFC, FSC pour le bois, Biosourcé ou NaturePlus pour les matériaux… Il existe aussi un indicateur clé de l’éco-conception : l’analyse du cycle de vie (ACV) d’un produit, de l’extraction des matières premières jusqu’à son recyclage. Les résultats de cette donnée ACV font l’objet de fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES) à consulter sur la base Inies. Enfin, il est préférable d’éco-rénover car les éco-matériaux et les solutions biosourcées présentent des qualités sanitaires : ils peuvent être exempts de polluants et offrent un confort accru dans les logements. De quoi se motiver pour préserver la planète.

Réduire sa consommation énergétique : l’importance de l’isolation

Quel que soit le type de rénovation, pour obtenir davantage de confort et consommer moins d’énergie, il faut commencer par isoler. Les solutions biosourcées séduisent d’autant plus qu’elles répondent à deux critères essentiels de l’écorénovation : des performances isolantes en hiver comme en été et un impact environnemental réduit.

Isoler sa maison avec de la biomasse

Du bois, du chanvre, de la paille, de vieux jeans ou de vieux journaux qui s’offrent une seconde vie… voici quelques exemples de ces isolants biosourcés que l’on retrouve de plus en plus dans les murs, les toits et les planchers. S’ils n’ont rien à voir avec l’agriculture biologique, ils ont tous un point commun : ils sont composés de matériaux issus de la biomasse végétale ou animale. Ils riment avec ressources renouvelables et fabrication économique, et sont encore plus durables quand ils sont peu transformés et issus de ressources locales. Cependant, ils ne sont pas tous 100 % naturels. Des traitements peuvent être nécessaires contre le feu, les moisissures, les attaques d’insectes. Leurs performances isolantes sont globalement identiques à leurs équivalents non renouvelables, avec parfois, pour certains, des propriétés que leurs équivalents dits classiques n’offrent pas. Les isolants biosourcés se déclinent sous quasiment toutes les formes, aussi bien en vrac qu’en rouleaux ou en panneaux.

Isoler sa maison : quels matériaux utiliser ?

La laine de bois ou les panneaux de fibre de bois, la ouate de cellulose ou encore la laine de chanvre et la laine de textile sont parmi les matériaux les plus en vogue. Disponibles en très grandes quantités, ils se sont pliés au cadre normatif des isolants tels le marquage CE ou la certification Acermi (Association pour la certification des matériaux isolants), qui garantit les performances annoncées par un contrôle tous les deux ans. Tous ont des qualités propres. D’une part, leur bon comportement hygrothermique favorise leur utilisation en rénovation du bâti ancien dès qu’il y a besoin d’un transfert d’humidité dans les murs. Ils s’adaptent donc aux variations de température et d’hygrométrie en jouant le rôle de régulateur. Le textile recyclé, par exemple, peut absorber jusqu’à 25 % de son poids en eau, et la ouate de cellulose jusqu’à 15 %. D’autre part, ces isolants se révèlent pertinents pour les toitures et les façades exposées au sud. Leur propriété de déphasage (durée durant laquelle un isolant emmagasine la chaleur avant de la redistribuer) contribue au confort en été. Les transferts de chaleur à l’intérieur de la maison sont ralentis et l’usage de la climatisation inutile : la facture d’électricité s’en trouve donc très allégée. L’association d’un isolant biosourcé avec déphasage de 10 heures pour garder la maison au frais le jour et d’une aération naturelle quand les températures baissent la nuit permet un rafraîchissement naturel. Une ouate de cellulose insufflée en épaisseur de 300 mm affiche un déphasage de plus de 10 heures, contre 4 heures pour une laine de verre. Des panneaux de fibre de bois de même épaisseur garantissent jusqu’à 18,5 heures de déphasage, avec une excellente isolation acoustique en prime. Mais attention, si une épaisseur importante augmente forcément les performances de l’isolant, elle réduit de fait la surface habitable. Un paramètre à ne pas négliger.

Quel isolant biosourcé choisir pour réduire sa consommation énergétique ?

Il n’y a pas de réponse idéale. Optez pour un matériau à base de laine textile collectée et recyclée, surtout si l’opération est faite par l’association Emmaüs. L’upcycling des produits d’une industrie du vêtement très polluante est un geste solidaire pour la société et pour la planète. Le coton recyclé, simple, léger, sain à poser, bon régulateur d’humidité et bon isolant phonique, n’est cependant pas biodégradable selon les liants utilisés. Quant à la ouate de cellulose, fabriquée à partir de papier recyclé, elle est efficace hiver comme été. Sa mise en œuvre par soufflage ne nécessite que quelques heures pour traiter toute une maison. Elle est devenue un partenaire incontournable de l’isolation écologique des combles perdus.

Les isolants à base de laine de bois offrent un très bon confort été comme hiver. Bien adaptés en rénovation, ils sont de bons régulateurs d’humidité. Les panneaux en bois apportent eux aussi un excellent confort en été. Seul bémol, leur production nécessite beaucoup d’énergie. Les isolants en laine de chanvre, produits localement et 100 % recyclables – s’ils sont 100 % végétaux, donc sans adjuvant retardateur de feu – sont idéaux pour concevoir des parois respirantes, avec membrane hygrovariable, notamment dans les maisons à ossature bois. Le liège expansé, lui, est biodégradable et complet sur le plan technique ; très résistant, imputrescible, il se caractérise par un bon comportement au feu, mais il reste coûteux et souvent importé. Disponible localement en abondance, ultra-écologique et peu coûteuse, la paille s’utilise en vrac, le plus souvent liée avec de la terre argileuse. Sous forme de bottes dans une ossature bois, elle ne subit aucune transformation ni aucun traitement. Mais dans ce cas, elle est peu adaptée en rénovation : outre son poids, une bonne performance thermique nécessite une épaisseur de matière, et une architecture très simple. Il existe une alternative : des panneaux de paille compressée avec revêtement en carton collé sur les deux faces. Toutefois, ils supportent mal l’humidité, et il est nécessaire de s’assurer que leur colle est sans formaldéhyde. Autre possibilité : des isolants biosourcés qui valorisent des coproduits agricoles comme la paille de riz de Camargue en panneaux semi-rigides thermo-acoustiques. À retenir : une éco-rénovation nécessite de connaître tous les points d’amélioration du bâti avant de trouver l’isolation biosourcée la plus adaptée.



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